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IX.
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[XVII. S.] CRIMES DES ROIS, des REINES et des EMPEREURS. 81

Le roi envoya immédiatement de nouvelles garnisons àDijon, à Auxonne , à Bellegarde et à Saint-Jean de Losne,et publia un édit qui déclarait atteints et convaincus du crimede lèse-majesté les ducs d’Elbeuf , de Bellegarde, de Rouanès,le comtede Moret, le présidentCoigneux Puy-Laurens, le PèreChanteloup, le nouvel intendant de sa nièce, et tous ceux quiavaient été liés d’amitié avec son frère ou qui étaient sortisavec lui du royaume. En conséquence de cet arrêt, leurs fiefsfurent réunis au domaine, leurs biens confisqués, leurs titreséteints et des poursuites exercées contre leurs personnes.Dans l’intervalle, Marie de Médicis s’était échappée de Com-pïègne et avait pris le parti de quitter la France pour seretirer à Bruxelles . SonAvasion avait été suggérée ou facilitéepar le cardinal lui-même, qui, par cet expédient, se trouvaitdébarrassé de sa plus redoutable ennemie; et ce qui con-tribue à justifier cette opinion, c’est qu’en apprenant sa fuiteil ne fit paraître aucun mécontentement, et dit simplement« que la sortie de la reine et celle de Monsieur étaient pour» le royaume comme une purgation salutaire. »

Dès ce moment Richelieu devint l’arbitre delà cour; per-sonne , sans son aveu, ne conserva d’accès auprès deLouis XIII; Anne d’Autriche fut confinée dans ses appar-tements; le cardinal intercepta les lettres que lui écrivait sadames d’atour, la comtesse de Fargis; et, sans égard pour lareine, il se servit de cette correspondance intime pour fairejuger la comtesse par une chambre de justice. Quand le pre-mier ministre n’eut plus à s’occuper de ses ennemis, il son-gea à former un entourage au taciturne Louis XIII pour luifaire oublier entièrement les personnes qu’il avait éloignéesix. 11