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IX.
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HISTOIRE UES PAPES.

[XVII. S.]

Pour déterminer la condamnation de cet infortuné, le car-dinal avait fait valoir des accusations de péculat, allégationsd’autant plus ridicules qu’elles étaient formulées contre unhomme dont la fortune ne s’élevait pas à cent mille écus, etpar un ministre qui habitait une somptueuse demeure où leroi et la reine avaient leurs appartements, comme à Fontai-nebleau ou au Louvre ; par un ministre qui avait transforméle village de Richelieu en une cité, favorisée de privilègesde toutes sortes, d’un collège royal, et d’une académie des-tinée à l’éducation de la noblesse; enlin par un ministre quipossédait des richesses si considérables, qu’il pouvait dé-penser annuellement pour sa propre maison jusqu’à dix mil-lions, somme exorbitante, surtout pour l’époque.

Richelieu était arrivé à l’apogée de sa fortune ; il réunis-sait en sa personne les dignités de cardinal, de duc et pair,de grand maître de la navigation, de gouverneur de Breta-gne , de premier ministre, indépendamment des titres d’ungrand nombre de terres, de domaines, d’abbayes ou de béné-fices qu’il s’était attribués ; néanmoins son orgueil de prêtrene se trouvait pas encore satisfait; il semblait impatient den’être qu’un ministre, et parfois on l’entendait accuser lesort de.ne pas l’avoir fait asseoir sur un trône. Aucun roin’eût été, en effet, plus digne que lui de porter une couronne :perfide, cruel, implacable, il possédait toutes les qualitésqui font les grands princes ; et certes son pied n’eût pas chan-celé en marchant dans le sang.

Malgré les proscriptions du cardinal, Marie de Médicis n’en travaillait pas moins à le renverser du pouvoir; et deson côté, Gaston rassemblait des troupes à Nancy , où il