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IX.
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[XVII. S.] CRIMES DES ROIS, des REINES et des EMPEREURS. 83

se débattirent assez longtemps sur le ton du badinage; enfinmademoiselle de Hautefort, fatiguée de la lutte, mit le billetdans son sein, et le jeu en resta là, Louis XIII n’ayant pasosé prendre cette lettre dans l’endroit où l’espiègle demoi-selle l’avait placée.

Pendant que le roi s’occupait d’intrigues d’alcôve, le car-dinal poursuivait les partisans de Marie de Médicis et deGaston avec un acharnement cruel, établissait un tribunalextraordinaire pour instruire le procès du maréchal de Ma-rillac, l’un de ceux qu’il redoutait le plus; et malgré les re-montrances du parlement, transformait sa propre maisonde Ruel en prison d’état, et faisait juger son ennemi dansune des salles du palais par une commission de vingt-quatremembres, tous désignés par lui. Cependant les accusationsqui pesaient sur Marillac étaient tellement invraisemblableset dénuées de toute espèce de preuves, que la condamnationne fut prononcée qu’à la majorité d’une voix.

Richelieu était si peu assuré du résultat de ce procès, qu’ilne put s’empêcher de témoigner sa joie en apprenant la con-damnation à mort, et qu’il s’écria : « Vraiment nous devons» reconnaître que Dieu donne aux juges des lumières qu’il» refuse aux autres hommes, car j’avoue que, tout en dési—» rant me débarrasser de ce satané maréchal, je n’avais pas» vu comme eux les preuves de ses méfaits ! » L’infortunéMarillac n’eut que trois jours pour se préparer à mourir,et le 10 mai 1652 il eut la tête tranchée. La seule grâce quele roi accorda à sa famille fut de permettre qu’on élevâtl’échafaud sur le dernier perron de l’hôtel de ville, pour luiéviter la honte d’être conduit au supplice dans une charrette.