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IX.
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[XVII. S.] CRIMES DES ROIS, des REINES et des EMPEREURS. 89

ranger sous les drapeaux du prince, et lui fit ouvrir les portesdes villes de Lodève, de Pézenas et de Béziers .

Mais ces premiers avantages ne devaient pas être de lon-gue durée ; le maréchal de Schomberg s’avançait à marchesforcées avec les troupes royales, et allait bientôt anéantirtoutes les espérances du parti de Gaston. Les deux armées serencontrèrent sous les murs de Castelnaudary ; celle du ducd’Orléans était postée sur une éminence, ayant la ville à lagauche, et n’en était séparée que par une distance d’unquart de lieue ; celle du maréchal s’était établie sur un terrainfort avantageux, ayant sur les côtés plusieurs fossés, et deschemins creux en rendaient les abords difficiles. Montmo-rency commandait l’aile droite de l’armée de Gaston ; l’ailegauche était sous les ordres d’Antoine de Bourbon , comtede Al or et, bâtard de Henri IV et de Jacqueline de Breuil; leduc d’Orléans se tenait au centre.

Trop de précipitation perdit tout : le comte de Moret, quifaisait ses premières armes, impatient de se mesurer avecles soldats royaux, n’attendit même pas le signal de l’attaque.Apercevant une compagnie de cavalerie ennemie sur ladroite, il piqua des deux à la tête de quelques gentilshommespour la culbuter. Le capitaine l’attendit de pied ferme, luilâcha un coup de pistolet dans le ventre presque à bout por-* tant, et l’étendit sur la place; deux heures après il étaitmort. Le duc de Montmorency, trompé par les mouvementsde l’aile gauche, supposa qu’il était en retard, poussa soncheval en avant avec l’élite de sa cavalerie, franchit plusieursfossés et vint donner tête baissée sur les royalistes; malheureu-sement sa troupe n’avait pu le suivre, empêchée par les sinuo-îx. 12