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HISTOIRE DES PAPES.
[XVII. S.]
sités de terrain, de sorte qu’en arrivant sur le front de l’arméeennemie, il était presque seul ; son écuyer eut son cheval tuésous lui et le bras cassé ; le comte de Rieux, qui le suivait,reçut une mousquetade qui le renversa mort par terre ; quantau duc, il avait déjà reçu une douzaine de blessures lorsque soncheval s’abattit; il parvint cependant à se dégager et à s’ados-ser contre le talus d’un fossé, d’où il continua à se défendre,criant de toutes ses forces : « A moi, Montmorency ! » pourindiquer aux siens qu’ils vinssent à son secours; enfin, épuisépar la perte de son sang, il laissa tomber ses armes ; un ser-gent des gardes du roi s’empara de lui et le remit à un offi-cier nommé Saint-Preuil, qui le reçut son prisonnier.
Les troupes tentèrent vainement de le dégager; le comtede la Feuillade, le chevalier de la Frette, lë baron de Congis,messieurs de Lordoys, de Villeneuve et de la Forêt, ainsiqu’un grand nombre d’autres seigneurs, firent des prodigesde valeur pour sauver le duc de Montmorency, et la plupartd’entre eux trouvèrent la mort sur le champ de bataille.
Cette défaite ruina entièrement le parti de Gaston, qui nese soutenait dans cette province que par le crédit du duc. Lestroupes qu’il avait levées en Languedoc se débandèrent àl’heure même; et si le maréchal de Schomberg se fût mis àla poursuite du prince avec deux cents chevaux, nul doutequ’il ne l’eût fait prisonnier et qu’il n’eût terminé la guerred’un seul coup; mais il n’entrait pas dans son intérêt de mettrefin aux troubles ; d’ailleurs il était trop satisfait d’avoir en sonpouvoir le duc de Montmorency ; il lui tardait d’être investide ses dépouilles, ainsi que le lui avait promis Richelieu, etil ne voulait confier à personne la garde de son prisonnier.