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HISTOIRE DES PAPES.
[XVII. S.]
d’Autriche . Le monarque ressentait un attachement si vifpour le nouvel objet de ses impuissantes ardeurs, qu’il avaitvoulu l’établir en qualité de favorite en pied à la cour. Au-cune de ses plus secrètes pensées n’était cachée pour made-moiselle de la Fayette, et sa majesté osait même lui exprimerses sujets de mécontentement contre le cardinal. Celui-ci,voyant l’ascendant que prenait la jeune fille d’honneur sur leroi bigot, essaya de l’attacher à sa cause, et voulut l’inter-roger sur les confidences que lui faisait sa majesté. Louise dela Fayette eut plus de courage que tous les seigneurs de lacour, et refusa d’obtempérer aux désirs de Richelieu.
Le ministre se détermina à éloigner cette jeune fille du roi;il chercha d’abord à élever des scrupules de conscience dansl’esprit dp monarque sur ses relations intimes avec mademoi-selle de la Fayette; et comme le prince s’excusait en faisantvaloir qu’il ne pouvait accomplir l’acte d’adultère et qu’il secontentait de cupidonner avec sa belle maîtresse, le cardinalJpi fit entendre que Dieu condamnait les attouchements las-cifs et les privautés voluptueuses aussi sévèrement que l’actepiême de la génération ; ensuite il se servit du confesseur dela favorite pour faire naître des remords dans l’esprit de cettebelle personne et pour la décider à quitter la cour. Quelquesauteurs prétendent qu’ indépendamment des influences reli-gieuses, le rusé prélat employa, pour se rendre maître de lavolonté de la naïve jeune fille, un moyen qui ne pouvait man-quer de réussir. Il s’entendit avec une dame de la cour,parente de mademoiselle de la Fayette, nommée madame deSénecé. Un soir, celle-ci la retint dans son appartement etl’engagea à passer la nuit avec elle, ainsi que cela se prati-