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IX.
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[XVII,S.] CRIMES DES ROIS, des REINES et des EMPEREURS. 99

quait; mais quand elle fut endormie, le cardinal vint rem-placer madame de Sénecé, et le lendemain mademoiselle dela Fayette était la maîtresse de Richelieu.

Quels que soient les ressorts qu’ait fait jouer le pre-mier ministre pour contraindre la favorite à se séparer deLouis Xill, toujours est-il que Louise de la Fayette annonçaun jour à son royal amant qu’elle voulait prendre le voile etse retirer dans le couvent des filles de Sainte-Marie de la rueSaint-Antoine. Le roi versa des larmes ; cependant il n’osapas s’opposer à la vocation irrésistible qui la poussait à seconsacrer à Dieu ; il autorisa son entrée dans le monastèrequ’elle avait désigné, et se réserva seulement le droit de venirsouvent l’entretenir au parloir.

Les intrigues de sa majesté n'empêchèrent pas le cardinalde pousser la guerre contre l’Espagne ; mais le succès ne ré-pondit point à son attente : les frontières de la Picardie, maldéfendues, ouvrirent un large passage aux troupes ennemies,dont les rapides progrès portèrent l’épouvante jusque dansla capitale. Un cri unanime d’indignation s’éleva contre Ri-chelieu ; on accusa le ministre d’être le seul auteur des cala-mités qui allaient fondre sur le royaume. Celui-ci fit tête àl’orage; et pour se défendre, il prit le parti de rejeter lescauses des désastres sur la lâcheté des commandants ; il dé-clara les gouverneurs de Corbie et de la Capelle criminels delèse-majesté au premier chef, les lit juger par contumace, etobtint qu’ils fussent condamnés à la peine capitale. Toutefoisle cardinal ne put imposer silence aux mécontents, et il futobligé, pour donner satisfaction à l’opinion publique, de re-mettre le commandement des armées entre les mains de