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HISTOIRE DES PAPES.
[XVII. S.]
Gaston et du comte de Soissons, grand maître de France . Lesennemis du premier ministre, enhardis par ce succès, seréunirent immédiatement et formèrent une conspiration dansJe but d’en finir avec Richelieu et de l’assassiner en plein con-seil dans la ville d’Amiens . Deux officiers, attachés au ducd’Orléans , nommés Mon trésor et Saint-lbal, s’étaient chargésde porter les premiers coups. Le jour même de l’exécutionavait été fixé ; tout était prêt, et il semblait que rien ne pûtsauver le cardinal, lorsqu’au moment de donner le signal,Gaston vint encore à manquer d’énergie; le prince, qui n’avaitqu’un mot à prononcer pour se voir délivré de son ennemi,n’eut pas le courage de sa position; il vint lâchement dé-noncer le complot au cardinal et se retira ensuite à Blois ,d’où il menaça de troubler le royaume par la guerre civile,si on n’augmentait ses apanages.
Richelieu envoya immédiatement des ordres aux gouver-neurs des provinces pour fermer à Monsieur tous les passages,afin de prévenir sa sortie du royaume; puis il ouvrit desnégociations avec lui, et offrit d’augmenter ses revenus et defaire reconnaître la validité de son mariage avec la princessede Lorraine , s’il voulait déposer les armes. Gaston consentità ses propositions, et se réconcilia avec le cardinal.
Lecomte de Soissons , grâce à son incapacité et à son titrede prince du sang, ne fut point tourmenté pour sa partici-pation au complot; le ministre l’exila seulement à Sedan :Montrésor et Saint-lbal n’en eussent pas été quittes à si boncompte, si, fort heureusement pour eux, ils n’eussent évité lavengeance de Richelieu par une prompte fuite. Son éminencene pouvant faire tomber sa colère sur les vrais coupables,