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HISTOIRE DES PAPES.
[XVII. S.]
ses adversaires; par ses ordres, le duc de Bouillon, l’un deschefs les plus importants des factieux, fut arrêté au milieumême de l’armée qu’il commandait; Cinq-Mars, le favori duroi, fut emprisonné, ainsi que son ami de Tliou ; plusieursgentilshommes obscurs furent poignardés ou empoisonnés,et tout cela au milieu de la cour en plein jour, sans que per-sonne osât élever la moindre plainte. Gaston d’Orléans s’hu-milia devant le ministre, demanda grâce, abandonna sescomplices, et eut la lâcheté de faire l’office de délateur.
Parmi les conjurés qui s’étaient montrés le plus hostiles àRichelieu, se trouvait le jeune Jean-François-Paul de Gondy,abbé de Retz, qui devait bientôt jouer un rôle fort remar-quable dans l’état, sous le titre de coadjuteur. « C’était, dit» Tallemant des Réaux , son contemporain, un petit homme» noir, qui ne voyait que de fort près, mal fait, laid, et ma-» ladroit de ses mains à toutes choses. Il ne savait même pas» se boutonner; et une fois à la chasse, il fallut que monsieur» de Mercœur lui remît son éperon, car il n’en pouvait venir» à bout. Sa famille avait voulu en faire un chevalier de Malte;» mais la soutane lui venant mieux que l’épée, sinon pour» son honneur, au moins pour son corps; elle s’était décidée» à le faire entrer dans les ordres. Il était si rêveur, qu’à» table, si on lui mettait par malice une tête de perdrix dans» son assiette, il la portait à sa bouche et mordait dans la» plume, qui lui sortait de tous côtés. Cependant il n’avait» pas la mine d’un niais ; il était même fort enclin à l’amour,» à la galanterie, et voulait faire du bruit. »
La haine que Je jeune abbé de Retz avait pour le ministreprenait sa source dans une intrigue d’amour, dans laquelle