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[XVII. S.] CRIMES DES ROIS, des REINES et.des EMPEREURS. 113

pignan! » En lisant la lettre du cardinal, sa majesté n’éprouvaaucune émotion, et s’enquit très-l'roidement des détails quiavaient précédé et suivi la condamnation de son favori. Deuxmois auparavant, le roi avait montré la même insensibilitéen apprenant la mort de sa mère.

Marie de Médicis , celte reine impudique, qui, après avoirscandalisé la France par ses crimes et par ses débauches,avait été contrainte de se réfugier à Bruxelles, puis à Lon-dres , avait de nouveau été chassée de ce pays, forcée d’errerdans les cours étrangères et réduite à mendier aux souverainsdes secours qui lui étaient refusés ; de sorte qu’après avoir étéamenée, faute d’argent, à retrancher tout luxe extérieur, àrenvoyer ses domestiques, à se restreindre au strict néces-saire , elle était venue se réfugier à Cologne , où son fils lalaissa mourir de misère. On montre encore dans cette villele grabat où Marie de Médicis termina ses jours à l’âge desoixante-neuf ans.

Sa mort n’avait pas produit la moindre sensation sur lescourtisans non plus que sur le monarque ; Richelieu seul,par une bizarrerie fort singulière, avait ordonné un servicesolennel en l’honneur de son ancienne maîtresse.

Après avoir vu tomber la tête de Cinq-Mars et de l’intré-pide de Thou, le cardinal revint de Lyon à Paris , dans sachambre ambulante portée par dix-huit de ses gardes.Louis XIII , qui était de retour depuis quelque temps danssa capitale, ne prit pas même la peine d’aller à la rencontrede son ministre; il se contenta de lui rendre une visitequand il fut installé dans son palais. Du reste, inquiet lui-

même de sa propre santé, il paraissait fort peu soucieux de

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