Band 
IX.
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HISTOIRE DES PAPES.

cp.

in

[XVII. S.]

l’état de maladie de Richelieu ; et, nous devons en convenir,le moment était arrivé où, fatigués l’un de l’autre, ils avaientépuisé dans une longue contrainte la patience dont ils étaientdoués, et ils paraissaient tous deux à la veille d’une ruptureéclatante. Heureusement pour les peuples, ils n’eurent pas àsupporter les conséquences terribles et inévitables d’une nou-velle querelle entre le roi et son ministre ; celui-ci sentant lamort approcher, lit mander la reine auprès de lui et l’en-tretint seule pendant trois longues heures. A la suite de cetteconversation, il fit publier un édit par lequel Gaston d’Or-léans était déclaré inhabile à exercer la régence, dans le casde mort de Louis XIII avant la majorité du dauphin; enoutre, son éminence faisait retirer au prince son gouverne-ment, sa compagnie de gens d’armes et de ch e vau-léger s,pour lui enlever toute influence. Cette conduite du cardinal litdire aux seigneurs de la cour qu’il agissait avec la prévoyanced’un père et la tendresse d’un amant. Trois jours après,Richelieu expira. En apprenant la mort du ministre, le roise contenta de dire : « Voilà un grand politique de moins. »Quant au peuple de Paris , il lit des feux de joie !

Parmi les historiens qui ont écrit sur Richelieu, beaucoupne s’arrêtant qu a la superficie des choses et ne jugeant ceministre que sur le bruit dont il remplissait l’Europe , l’ontconsidéré comme un grand homme d’état et ont exalté jus-qu’à ses moindres actions. Pour nous, qui avons cherché àanalyser les actes de son gouvernement sans nous laisseréblouir par le prestige d’une réputation usurpée, nous dé-clarons nous ranger de l’avis des écrivains qui dénient àRichelieu ses titres à l’admiration de la postérité. L’histoire