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HISTOIRE DES PAPES.
[XVII. S.J
revint au Louvre, abandonnant le corps du feu roi à la mercide quelques valets. D’ailleurs elle ne montra pas plus derespect pour ses dernières volontés que pour ses dépouillesmortelles; à peine installée au Louvre, elle convoqua enassemblée générale le parlement et les pairs du royaume,elle fit annuler les clauses restrictives poriées dans le testa-ment de son mari, et fit déclarer à Louis XIV dans un lit dejustice que tint l’enfant royal, embryon de cinq ans, qu’ilaccordait à sa mère « sa tutelle sans contrôle et la régence» absolue de ses états. » Le chancelier Séguier, ce serf de latyrannie, reçut à genoux les ordres du marmot couronné, dontles très-exprès commandements furent enregistrés avec forcesgénullexions et protestations de la plus servile obéissance.
Par un arrêt du parlement, le cardinal Mazarin fut enmême temps déclaré surintendant de l’éducation du roi; unautre édit retira à Gaston la dignité de lieutenant général duroi, ce qui mécontenta si fort le prince, qu’il forma le projetd’enlever Louis XIV et qu’il ne parut plus en public qu’avecune suite nombreuse de ses gardes.
Anne d’Autriche ne crut pouvoir mieux faire, pour mettreses enfants à l’abri d’une tentative d’enlèvement, que deconfier leur garde au duc de Beau fort, qui, à titre d’amantet de père, devait nécessairement veiller avec plus de soinsqu’aucun autre à la conservation des princes. En consé-quence, à la suite d’une grande revue qu’elle avait passéedevant son palais du Louvre, elle lui remit les enfants deFrance entre les mains, et en présence de toute la cour elleordonna aux troupes de lui obéir comme à elle-même. Cefavori, qui avait seize ans de moins que la régente, était fils