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[XVII. S.] CRIMES DES ROIS, des REINES et des EMPEREURS. 123

» vols il acheta une charge de capitaine d’infanterie, et servit» en Valteline sous les ordres du général Bagni, qui le chassa» au bout de trois mois de son corps d’armée pour des escro-» queries. 11 se rendit à Rome , entra dans les ordres, sut» plaire au cardinal Antonio Barberini , dont il devint le ga-» nymède, et obtint par sa protection la nonciature extraor-» dinaire de France. A Paris , il se lia intimement avec Cha-» vigny, l’un des favoris du feu roi, qui avait les mêmes goûts» que lui, et par son entremise il fut mis en bonnes relations» avec Richelieu, qui en fit un cardinal par les considéra-» lions « qui autrefois avaient déterminé l’empereur Auguste » à laisser le trône à Tibère . » Enfin, à la mort de son pro-» tecteur il eut le bonheur d’être choisi pour amant par la» reine, et il fut érigé en premier ministre. Dès lors il se» moqua de la religion,-à laquelle il ne croyait nullement; il» promit tout, parce qu’il ne voulait rien tenir; il introduisit» un système de filouterie dans le ministère, n’osant pas voler» hardiment comme son prédécesseur, mais n’en dérobant» pas moins les richesses de l’état. Et si l’on blâme Richelieu» d’avoir fondé la plus scandaleuse et la plus dangereuse» tyrannie qui ait peut-être jamais pesé sur une nation, on» doit dire également que Mazarin ne fut ni moins infâme ni» moins exécrable, en établissant en principes que les sujets» ne pouvaient rien posséder sans la volonté de leur souverain,» et que tous les peuples devaient obéir aux rois comme aux

» arbitres suprêmes de leurs destinées.»

Jusqu’au traité de Munster, c’est-à-dire pendant les quatrepremières années de la régence, les guerres contre la maisond’Autriche lurent poussées avec vigueur par le maréchal de