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HISTOIRE DES PAPES.
[XVII. S ]
Turenne et par le duc d’Enghien, qui devint prince de Condéà la mort de son père. A l’intérieur, la France continua àêtre dilapidée par les favoris de madame Anne d’Autriche ,et la misère du peuple s’accrut en raison de l’extension dé-mesurée que prenait le pouvoir royal. Quant à la cour, elles’inquiétait fort peu de ce qui se passait à l’extérieur commeà l’intérieur, et toute la tourbe des valets dorés qu’on appellegrands seigneurs réglait sa conduite sur celle de la souve-raine. Nous trouvons utile de faire connaître de quelle ma-nière la régente employait son temps, afin que, d’après cetexemple, les peuples puissent apprécier les services de leursmaîtres, et pour qu’ils soient bien convaincus que l’existencede ces parasites couronnés, loin de contribuer au bonheurdes nations, ne fait qu’entraver la marche de l’humanité.
Une dame d’honneur de la reine,.madame de Motteville,nous a laissé dans ses mémoires le récit détaillé des occu-pations d’Anne d’Autriche lors des premiers temps de sarégence.
« Sa majesté, nous dit-elle, recevait à onze heures, à son» premier lever, les seigneurs et les dames de la cour qui» composaient sa société intime; elle se levait ensuite, pas-» sait une robe de chambre, et déjeunait de grand appétit.» Son déjeuner était toujours copieux; on lui servait un po-» tage, des côtelettes, des saucisses, du gibier, des pâtés,» quelques légumes verts et du dessert ; elle mangeait de tout» abondamment, ce qui ne l’empêchait pas de dîner égale-» ment bien. Après son déjeuner, elle quittait sa robe de» chambre, prenait sa chemise des mains du jeune roi, met-» tait un corps de jupe et un peignoir, puis se rendait à sa