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IX.
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[XVII. S.] CRIMES DES ROIS, des REINES et des EMPEREURS. 131

arrêt d’union et surtout des sympathies populaires qu’il excita.Les exigences des princes vinrent encore compliquer la dif-ficulté; le jeune Condé, enivré par les succès que ses soldatsavaient remportés sur les armées autrichiennes, élevait desprétentions exagérées, réclamait une part dans la directiondes affaires du gouvernement, et affichait ouvertement sonmépris pour le ministre et son intention de le faire expulserde France . D’un autre côté, l’abbé de la Rivière, favori deGaston d’Orléans , mécontent de n’avoir pu obtenir le cha-peau de cardinal, se déchaînait contre Mazarin , et se faisaitappuyer dans ses attaques par son maître. Enfin, la duchessede Longueville, sœur de Condé, furieuse de ce que le pre-mier ministre avait refusé de retirer le gouvernement dullavre à la duchesse d’Aiguillon, la nièce incestueuse deRichelieu, pour le donner au beau prince de Marcillac, sonamant, s’était déclarée aussitôt l’ennemie mortelle de la ré-gente et du cardinal.

Ainsi, madame Anne d’Autriche et Mazarin se trouvaientà dos, tout à la fois, la noblesse, la magistrature, la bour-geoisie et le peuple. Cependant, tel était leur aveuglement,qu’ils ne changeaient rien à la marche de leur politique, etqu’ils continuaient comme par le passé à suivre leur systèmede corruption. Une des créatures du cardinal, un Italiennommé Particelli d’Emery, un misérable qui dans sa jeunesseavait été condamné au gibet, et que le ministre avait élevéà la charge de surintendant des finances, osa créer de nou-velles charges pour remédier à l’épuisement du trésor, etvendre publiquement à l’encan des emplois de conseillersdu roi, de crieurs de vins, de contrôleurs de fagots, et, ce