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HISTOIRE DES PAPES.
[XVII. S.1
» borieux sont obligés de vivre de son et d’avoine; les deux« tiers de vos sujets sont tellement malheureux qu’ils ne pos-» sèdent plus rien, absolument rien que leurs âmes. Les ha-» bitants des villes ne sont pas mieux traités que les habi-» tantsdes campagnes; les impôts, les droits, les gabelles,» les quartiers d’hiver, les étapes et les emprunts, leur ont» enlevé jusqu’à leur dernière obole ; néanmoins votre mi-» nistre veut encore accroître le nombre des charges. Com-» mandez donc au Mazarin de cesser ses extorsions; défendez-» lui donc de pressurer le peuple et de donner pour prétexte» à ses dilapidations que la splendeur de votre trône et la» gloire de vos armes l’exigent. Et qu’importe aux malheu-» reux l’honneur de batailles gagnées et la magnificence qui» vous environne ! La gloire et l’ostentation d’un roi ne peu-» vent nourrir ses sujets qui manquent de pain; et l’on ne» saurait compter les myrtes, les palmes et les lauriers parmi» les fruits de la terre!.»
Anne d’Autriche et son fils se retirèrent sans répondre :quelques jours après, la régente lit signifier au parlement ladéfense de continuer à prendre des délibérations sur les édits,jusqu’à ce qu’il eût déclaré en forme s’il prétendait imposerdes limites à l’autorité royale. La même défense fut adresséeà la cour des aides et à la cour des comptes, qui s’étaientrangées du parti du parlement. Ces deux compagnies ren-dirent un arrêt d’union pour la réformalion de l’état, auquelle grand conseil et le parlement s’empressèrent d’adhérer,ainsi que tous les corps judiciaires et administratifs desprovinces du royaume.
La cour se trouva embarrassée au dernier point de cet