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IX.
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[XVII. S.] CRIMES DES ROIS, des REINES et des EMPEREURS. 133

rentré dans son palais, on forma de tous ces soldats troisbataillons qui se portèrent sur le pont Neuf et vers la placeDauphine, pendant que Comminges , capitaine des gardesde la reine, enlevait dans un carrosse fermé le conseillerBroussel et le conduisait à Saint-Germain. En même tempsun autre capitaine arrêtait le président aux enquêtes, Blanc-ménil, et l’amenait à la forteresse de Vincennes .

Aussitôt que les bourgeois eurent connaissance de ces ar-restations, ils s’émurènt, fermèrent leurs ateliers, jetèrentsur la place publique des milliers d’ouvriers qui se formèrenten bandes et parcoururent les rues en criant : « Broussel !>) Broussel !.» L’émeute, toujours grossissante, vint jusque sousles fenêtres des appartements de.la reine faire entendre desclameurs menaçantes; déjà même des pierres avaient étélancées contre les régiments des gardes qui défendaient lesabords du palais, et une lutte sanglante paraissait imminente,lorsque monseigneur de Retz, coadjuteur de l’archevêque deParis , qui avait su gagner l’amour des citoyens, accourutau milieu des insurgés, leur adressa d’énergiques exhorta-tions, les engagea à la modération , et promit d’intercéderauprès de la régente pour leur faire accorder la satisfactionqu’ils demandaient. En effet, il écarta la foule, gagna le per-ron du Palais-Royal, et seTit introduire chez Anne d’Autriche .

Il supplia sa majesté de rendre la liberté aux deux conseil-lers que ses gardes avaient arrêtés, et lui représenta quec’était le seul moyen de calmer les esprits et d’empêcher unerévolution. « Péndantque je parlais à la reine, dit le coad-» juteurdans ses mémoires, le cardinal-ministre, qui était à» ses côtés, se prit à sourire malignement, comme pour me