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HISTOIRE DES PAPES.
[XVII. S.]
» donner à entendre qu’il supposait que je n’étais pas étranger» aux troubles. Quand j’eus finis ma harangue, Anne d’Au-» triche se mit dans une colère étrange , et proféra de son» fausset aigre et élevé ces propres mots : « Jamais l’injustice» et la misère n’ont fait soulever les nations contre leurs sou-» verains; au contraire, plus les peuples sont misérables,» abrutis et affamés, plus ils sont soumis à leurs maîtres. Ce» sont les ambitieux qui portent les bourgeois à la révolte ;» mais l’autorité du roi y donnera bon ordre. » Et devant» moi elle commanda au maréchal de la Meilleraye de se» mettre à la tête des gardes et des officiers dè sa maison» pour aller châtier les rebelles qui vociféraient devant son» palais. Comme je voulus faire quelques représentations et» l’engager à user de ménagements, la reine devint pourpre» de fureur et s’écria : « Je vous entends, monsieur le coad-» juteur, vous voudriez que je rendisse la liberté à Broussel ;» mais je l’étranglerais plutôt avec ces deux mains, ainsi» que ceux qui me parlent pour lui et pour le peuple. » En» disant cela, elle portait ses poings fermés presque à la» hauteur démon visage.... >>
Le coadjuteur n’ayant pu rien obtenir, quitta le palais etrentra à son hôtel ; le maréchal de la Meilleraye, suivant lesordres de la régente, fit tirer sur les citoyens et tua un grandnombre de gens inoffensifs. Alors de toutes parts on courutaux armes ; les soldats, à leur tour, essuyèrent un feu terribleet lurent contraints de se replier vers le Palais-Royal, aprèsavoir perdu près de deux cents hommes. « Le lendemain et» les jours suivants ce fut pis encore, dit le cardinal de Retz ;» le mouvement populaire, semblable à un incendie spontané