[XVII. S.] GRIMES DES ROIS, des REINES et des EMPEREURS. 137
et du président Blancménil; et celte reine insolente faisaitencore mine de résister ; enfin elle laissa tomber ces paroles :« Eh bien ! messieurs du parlement, pour aujourd’hui voyez» ce qu’il est à propos de faire ! » Ceux-ci, sur l’heure même,votèrent par acclamations un décret de remercîments à larégente, en reconnaissance de la liberté qu’elle accordaitaux. deux prisonniers, et annoncèrent au peuple que Brousse!et Blancménil allaient être réinstallés dans leurs places.Ceux-ci revinrent en effet siéger au parlement, ou plutôt yfurent portés en triomphe par les citoyens. L’on rompit lesbarricades, l’on ouvrit les boutiques, et en moins de deuxheures Paris parut plus tranquille que jamais.
A la suite de ces événements, un conseiller du parlement,nommé Barillon, fit le quatrain suivant contre le cardinal :
Un vent de frondeS’est levé ce matin,
Je crois qu’il grondeContre le Mazarin .
Le mot de fronde fit fureur et servit à désigner l’oppositioncontre la cour et les troubles qui agitèrent le royaume pen-dant la régence d’Anne d’Autriche .
La concession accordée aux Parisiens procura un instantde calme, dont la reine et Mazarin se hâtèrent de profiterpour emmener à Saint-Germain le jeune roi, qui était danssa onzième année; puis, quand ils se virent à l’abri de toutdanger, ils annoncèrent hautement leur intention de se ven-ger de leurs ennemis. Les chefs de la fronde Yémurent deces menaces; et pour mettre le ministre dans l’impuissanceîx. 18