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HISTOIRE DES PAPES.
[XVII. S.]
rompit en s’écriant : « Assez, assez, misérable robin ; je sais» que la populace se grouille dans la rue, mais je la ferai» bâcher par mes gardes. Quant à vous, messieurs du parle-» ment, cessez vos représentations audacieuses, ou tremblez» pour vous, pour vos femmes et pour vos enfants ! » Enprononçant ces derniers mots , elle rentra dans sa petitechambre grise avec Mazarin , et en ferma la porte avec vio-lence , laissant les spectateurs glacés de crainte.
Les membres du parlement se retirèrent sans oser faireentendre un murmure, et reprirent la route par laquelleils étaient venus; mais arrivés à la Croix du Trahoir, ungarçon rôtisseur, dont malheureusement l’histoire ne nous apas conservé le nom, s’avança à leur rencontre avec deuxcents hommes, leur barra le passage, et mettant la halle-barde dans le ventre du premier président : « Tourne, traître,» lui cria-t-il, si tu ne veux être massacré toi-même; va au» Palais-lloyal, et ramène-nous Broussel ou le Mazarin et» le chancelier en otages. »
Force fut au parlement de rebrousser chemin et de serendre au palais, toujours suivi du terrible garçon rôtisseuret de ses deux cents hommes, qui brandissaient leurs balle-bardes et vociféraient des blasphèmes contre la régente et leministre. Le président, introduit de nouveau auprès de lareine, lui rendit compte de ce qui venait de se passer, et lasupplia de se laisser fléchir, en termes si éloquents, que tousles assistants fondaient en larmes. Anne d’Autriche seulerestait inflexible; les princes, les princesses, les principauxseigneurs de la cour, Mazarin lui-même, tous s étaient jetésà ses genoux pour obtenir la liberté du conseiller Broussel