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IX.
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[XVII. S.] CRIMES DES 110IS, des REINES et des EMPEREURS. 139

riser des emprunts sur les tailles à dix pour cent d'intérêts,pour lancer une bulle qui condamnait les prêts usuraires, etpour faire déclarer par une assemblée de théologiens queMazarin était le plus fort usurier du royaume, et, commetel, méritait d’être excommunié. H agit également sur lesmembres du parlement, et les décida à renouveler les an-ciennes discussions sur les griefs reprochés au cardinal, età lui faire sommation de retirer son édit sur l’emprunt. Enoutre, il fit habilement circuler dans Paris une foule de li-belles d’une extrême violence sur la légitimité plus que sus-pecte du roi .et de son frère, sur les goûts monstrueux de larégente, sur ses amours avec les dames de la cour, et sur sesrelations avec le premier ministre.

Anne d’Autriche , exaspérée de voir les actes de son gou-vernement et les secrets de son alcôve dévoilés par ses en-nemis, résolut de mettre à la raison, tout à la fois, le par-lement, le clergé et le peuple. Elle s’arrêta au parti quelui suggérèrent Mazarin et le Tellier, celui d’affamer Paris par un blocus rigoureux. Pour mettre ce projet à exécution,elle dut songer à quitter la capitale; et dans la nuit du5 janvier 1649, elle s’enfuit du Palais-Royal avec la cour etrevint à Saint-Germain. Dès le lendemain elle commença leshostilités en adressant au parlement une lettre de cachet quiexilait ce corps à Montargis .

L’assemblée reçut le message de la régente, et déclara,séance tenante, qu’on ne romprait point le sceau de cettelettre avant que la cour fût rentrée à Paris , qu’elle étaitprête à soutenir la lutte si on voulait l’attaquer, et renditun décret portant que « Mazarin , comme ennemi de l’état et