Band 
IX.
Seite
146
JPEG-Download
 

HISTOIRE DES PAPES.

[XVII. S.]

ne»

férés, espérant se réconcilier avec eux et se faire un mérited’avoir ouvert leur prison.

11 fut d’abord assez bien accueilli par Condé et par sonfrère ; mais à peine sortis de la forteresse, les deux princesne lui témoignèrent aucun égard, et lui annoncèrent froide-ment qu’ils se rendaient à Paris . Son éminence reconnutqu’elle avait tout à craindre de la vengeance de Condé, et aulieu de rentrer dans la capitale, elle sortit du royaume et seretira à Brahl, auprès de l’électeur de Cologne , son ami,pour lever des troupes et intriguer sourdement contre lafronde.

Dès que le Mazarin fut hors de France , le parlement renditun arrêt qui le bannissait à perpétuité, lui et sa famille, et quiordonnait en même temps qu’il fût procédé contre le cardinalet qu’on recherchât tous les actes de son ministère.

Cette proscription n’empêchait pas que Mazarin , du fondde sa retraite, ne gouvernât l’état, ou plutôt Anne d’Autriche ,aussi absolument que s’il eût été à Paris ; car la régente, àsa sollicitation, força Condé à quitter Paris , en menaçantde le faire assassiner ; enleva les sceaux à Châteauneuf pourles donner au président Molé, une des créatures de sonamant; fit entrer au conseil leTellier, Lionne et Servien , tousdévoués au cardinal ; sema la division parmi les frondeurs,et chercha même à endormir la vigilance du coadjuteur enlui faisant donner le chapeau, et en favorisant ses relationsamoureuses avec une de ses filles d’honneur, mademoisellede Chevreuse , dont il était vivement épris. Quand tout futprêt, Anne d’Autriche annonça résolument le rappel du car-dinal; et immédiatement celui-ci se mit en route à la tête