[XVII. S.] CRIMES DES ROIS, des REINES et des EMPEREURS. 145
frondeurs; mais personne ne se mettant en mesure de lui en-voyer des secours, il comprit qu’il avait commis une fautegrave en donnant créance aux paroles des jeunes seigneursqui composaient son nouveau parti il se réconcilia avec lacour et abandonna la cause des princes.
Cette défection amena un changement notable dans les af-faires; cependant elle ne découragea pas l’intrépide GondydeRetz. A défaut de Turenne, il prit.Gaston d’Orléans pour ledrapeau de son parti et continua la lutte. A son instigation,le duc d’Orléans se déclara ouvertement en faveur des princes ;il interpella le -ministre en plein conseil pour lui réclamerl’élargissement des prisonniers, et pour lui annoncer qu’il neremettrait plus les pieds au Palais-Royal tant que la régenten’aurait pas fait justice de l’intrigant étranger qui, au nomdu roi, tyrannisait la France .
Le parlement adressa également une requête à la reinepour le même objet ; les conseillers réclamèrent la liberté desprinces en termes si énergiques, qu’il devenait impossiblede refuser la demande sans châtier les audacieux. Mazarin penchait pour les moyens extrêmes, et voulait qu’Anne d’Au-triche fît arrêter Gaston , le coadjuteur et tous les chefs dela fronde; d’autre part il redoutait que le peuple ne se mêlâtde la querelle, ce qui le jetait dans une grande perplexité.11 quitta subitement Paris et se rendit à Saint-Germain,où il demeura plusieurs jours dans une agitation extrême,sans savoir à quelle détermination il devait s’arrêter. Enfin,sentant qu’il n’était pas en mçsure de soutenir une lutte sé-rieuse, il résolut de mettre en liberté les princes de Gondéet de Conti, et partit pour le Havre, où ils avaient été trans-
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