[XVII.S.] CRIMES DES ROIS, des REINES et des EMPEREURS. 149
de le faire, à rendre la paix à l’état. Sa majesté envoyaimmédiatement à Paris une déclaration qui informait leshabitants de la capitale de la résolution prise par son mi-nistre , et dans laquelle les louanges emphatiques sur l’abné-gation du cardinal attestaient que lui-même n’était pasétranger à sa rédaction.
Un certain nombre de frondeurs fut dupe de cette comédieet se rangea franchement du parti du roi ; quelques-uns sur-tout parmi les nobles en prirent occasion pour se vendre àla cour et faire payer leur défection ; le parlement n’ayantplus de motifs de faire de l’opposition depuis la retraite deMazarin, obéit aux ordres de Louis X1Y et vint à Pontoise .Le prévôt, les échevins et les principaux bourgeois de Paris ,fatigués de la guerre civile, écoutèrent favorablement lesouvertures de la cour et proposèrent au conseil de rendrela ville au roi. Gondé, furieux de voir les rangs de ses par-tisans s’éclaircir avant qu’il eût pu traiter pour son proprecompte, essaya de retenir par la terreur le pouvoir qui luiéchappait, et commanda à ses soldats de brûler l’hôtel deville et d’assassiner les échevins qu’il croyait hostiles à sacause ; ce qui fut en partie exécuté. Mais ces atrocités pro-duisirent l’effet contraire de ce qu’il avait désiré, et luialiénèrent le peuple, qui ne l’avait jamais aimé. Alors iltrembla pour lui-même; et redoutant également la ven-geance des parents des citoyens qu’il avait fait égorger, et lahaine de l’implacable Anne d’Autriche , il s’enfuit brusque-ment de la capitale et passa dans l’armée espagnole.
Après son départ, les Parisiens mirent bas les armes etouvrirent leurs portes aux troupes royales, sans avoir songé