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IX.
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[XVII. S.] CRIMES DES ROIS, des REINES et des EMPEREURS 155

ministre pourvoyait de maris et de dots ses cinq dernièresnièces qui n’étaient pas mariées, et sur les fonds de l’état don-nait à Olympe Mancini dix millions, afin qu’elle pût épouserEugène Maurice de Savoie, comte de Soissons , colonel gé-néral des Suisses, gouverneur de Champagne et de Brie ; à laseconde fdle de Martinozzi, il donnait une somme de quinzemillions, pour la faire agréer au duc de Modène, Alphonsed’Este , qui se montrait plus exigeant et ne voulait point se mé-sallier à un moindre prix ; son éminencè se montrait aussigénéreuse envers Marie Mancini , et pour la consoler de laperte de ses espérances d’union avec le roi, il la mariait à unseigneur romain, le connétable Colonna. Il faisait égalementépouser à Marie-Anne Mancini le jeune duc de Bouillon, etlui donnait plusieurs millions pour que son mari pût s’établirconvenablement et acheter la charge de grand chambellan deFrance, que la maison de Guise , déchue de son élévation,était forcée de vendre. Enfin, il donnait à Ilortense Mancini,la plus chérie de ses nièces, une dot de vingt-huit millions,outre plusieurs gouvernements, domaines, châteaux et terresconsidérables, pour qu’elle pût s’allier au fils unique du ma-réchal de la Meilleraye, auquel il imposait l’obligation deprendre le nom, les armes et le titre de duc de Mazarin.

« Que doit-on penser, dit le duc de Saint-Simon, en voyant» un homme d’une naissance si persévéramment basse, pauvre» et obscure, doter si richement sept nièces, et dépenser» près de cent trente millions pour leurs établissements, sans» compter les meubles, les maisons, les bijoux, les pier-» reries, les statues, les tableaux, les charges, les gouver-» nements et les châteaux qu’il donna par la suite à ses ne-