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IX.
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HISTOIRE DES PAPES.

[XVII. S.]

» veux, entre autres à monsieur de Nevers , dont le duché» est une province ? Il faut s’écrier que c’est un grand mal-» heur pour les peuples d’être gouvernés par un premier mi-» nistre, et on pourrait même ajouter que c’en est un pire» d’être soumis à un roi ! »

En effet, Louis XIV renchérissait encore sur son ministreen folles dépenses, en prodigalités de toute nature ; il englou-tissait les richesses de la nation dans des fêtes qui surpas-saient en magnificence celles des règnes d’Isabeau de Bavière ,de François I er , de Henri III et de tous les despotes qui avaientpesé sur la France . Et il faut l’avouer, excès de bassesse etde dégradation ! autour de ce roitelet de dix-sept ans vint seranger une tourbe de poètes, d’orateurs, d’historiens etd’artistes qui se disputèrent le triste honneur d’encenser lemaître, de chanter ses louanges, et qui en firent le tyran leplus insupportable, en lui donnant de son mérite et de sagrandeur des idées exagérées.

Il est vrai qu’un instant tout sembla concourir à éleverLouis XIV au-dessus des potentats de l’époque : l’empereurd’Allemagne avait été abaissé par le traité de Westphalie; leroi d’Espagne venait de se reconnaître en quelque sorte sonvassal par la paix des Pyrénées ; le pape était déchu de sonomnipotence; le roi d’Angleterre était monté sur un écha-faud, la Grande-Bretagne n’avait plus de roi, et le protecteurCromwell venait de mourir. A l’intérieur, Louis XIV étaitégalement tout-puissant: Condé venait de s’humilier et d’im-plorer à genoux sa clémence; Gaston d’Orléans , ce princedont'la lâcheté et l’esprit turbulent avaient causé la mort detant d’infortunés, s’éteignait à Blois dans une sorte d’exil