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IX.
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HISTOIRE DES PAPES.

[XVII. S.]

riche que celui de leurs majestés, et que la maison de Mon-sieur était pitoyable auprès de la sienne. Le parlement envoyaune députation pour le complimenter, et cet exemple fut suivipar les autres cours souveraines, qui s’étaient naguère mon-trées si hostiles contre lui. Du reste, c’était le dernier triomphedont il devait jouir; à partir de ce moment, sa santé, déjàaffaiblie par l’abus des plaisirs, se détériora encore davantageet le contraignit à ne plus sortir de son appartement ; enfin,le mal s’aggravant de jour en jour, il se fit transporter à Yin-cennes, où était la cour. Lorsqu’il vit sa dernière heure ap-procher, il éprouva quelques remords de sa vie passée etdemanda un confesseur. On lui amena un bon théatin quidit nettement qu’il ne lui donnerait pas l’absolution s’il nerestituait le bien qu’il avait mal acquis : « Hélas ! répliqua le» cardinal, je n’ai rien que des bienfaits du roi !» — « H faut» bien distinguer, reprit le théatin, entre ce que vous a» ^donné le roi, et ce que vous vous êtes donné vous-même ! »— « Ah! s’il en est ainsi, dit Mazarin , il faut tout restituer. »

Colbert , surintendant de la maison du cardinal, entraiten ce moment ; le ministre lui expliqua le différend qui venaitde s’élever entre lui et son confesseur, et le pria de donnerson opinion. Colbert imagina de conseiller à son éminencede faire une donation testamentaire de tous ses biens en fa-veur du roi, et ajouta que sa majesté ne manquerait pas de larefuser sur-le-champ. L’expédient convint d’autaiit plus aucardinal, qu’il lui ouvrait les portes du ciel, sans l’obliger àse dessaisir de ses richesses ; il fit la donation et l’envoya auroi, qui l’accepta.

Sa majesté passa deux jours entiers sans faire remettre la