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[XVII.S.] GRIMES DES ROIS, des REINES et des EMPEREURS. 161

deviné le génie de Colbert, et qu’il avait dit à Louis XIV qu’il devait mettre en lui toute sa confiance. 11 est prouvé, aucontraire, que le ministre avait conseillé au monarque d’a-bandonner la direction des affaires aux trois hommes d’étatqui occupaient les premières charges après la sienne. L’unétait Fouquet , surintendant des finances, homme frivole etléger, qui se renfermait dans son cabinet, sous prétexte detravailler, pendant que les plus grands seigneurs faisaientantichambre, et qui descendait par un escalier dérobé dansun petit jardin, où il donnait ses audiences secrètes aux bellesdames de la cour, même à des princesses. Le second senommait Hugues de Lionne , secrétaire d’état aux affairesétrangères, grand joueur, dissipateur, paresseux, donnantpeu d’heures au travail, et croyant réparer le temps perdupar une extrême vivacité qui ne faisait qu’embrouiller da-vantage les choses. Le troisième était le Tellier, secrétaired’état au département de la guerre, génie médiocre et borné,peu propre à remplir le-poste qu’il occupait. Ces trois hom-mes, fiers de leurs mérites personnels, avaient chacun le se-cret espoir de succéder à Mazarin dans la charge de premierministre; aussi, quand ils entrèrent au conseil du roi, peude jours après la mort du cardinal, lui demandèrent-ils avecassez de légèreté à qui ils devaient s’adresser désormais pourles affaires du gouvernement. Louis XIV garda quelquesmoments le silence, et répondit en les fixant : « A moi ! »Colbert avait suggéré au roi cette détermination, en luidévoilant les vols nombreux du surintendant des finances,en lui faisant comprendre la nécessité de ne plus se mettre à

la discrétion d’un premier ministre, et en lui présentant ses

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