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IX.
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HISTOIRE DES PAPES.

[XVII. S.]

l’autre en corrompant les moeurs. Ni l’un ni l’autre ne songeaà fonder un seul établissement glorieux ou utile; au con-traire, ils laissèrent languir le commerce et la marine, et neparurent pas même soupçonner que l’industrie pût réparerle désordre qui régnait dans les finances par suite de leursdéprédations et des prodigalités de la cour.

On doit également adresser à Mazarin le reproche d’avoircontribué à épaissir autour de Louis XIV des ténèbres del’ignorance, de lui avoir fait prendre en dégoût toutes lesconnaissances sérieuses, et cela dans un but d’égoïsme mons-trueux , pour prolonger l’enfance du monarque et le retenirplus longtemps sous sa dépendance; on doit encore le blâ-mer d’avoir introduit à la cour les jeux de hasard, et d’avoirinspiré ce goût fatal à la régente, au roi, à tous les seigneurs.Cette passion du jeu, que le cardinal autorisait par sonexemple, passa de la cour à la ville, de la capitale dans lesprovinces, et jeta une grande perturbation dans les fortunes.

Dès que Mazarin eut rendu le dernier soupir, Colbert , sonintendant, qui avait la plus grande partie de ses secrets, vintinformer le roi de l’événement, et lui offrit en même tempsde mettre à sa disposition une somme de quinze millions quele cardinal avait en réserve dans ses caves. Sa majesté ac-cepta la proposition, frustra les héritiers du ministre de cetargent, et le lit verser dans les coffres de l’état.

Cette soustraction, qui ne peut être qualifiée de vol, car ellen’était qu’une sorte de restitution faite au trésor, devint lacause de la grande fortune de Colbert , et décida le roi àl’attacher à sa personne. C’est donc à tort que plusieurs despanégyristes de Mazarin ont prétendu que le cardinal avait