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HISTOIRE RES PAPES.
[XVII. S.]
cussionnaire, et qu’à ce litre il méritait un châtiment, iln’est nullement prouvé que Colbert ait été pour rien dans lapunition qui lui fut infligée; et des mémoires du temps éta-blissent d’une manièrejncontestable que la jalousie du roifut le seul et véritable motif de la perte du surintendant.'
Louis XIV , fatigué de sa femme, lassé de ses amours facilesavec la duchesse de Soissons et avec Henriette d’Angleterre ,son incestueuse belle-sœur, s’était violemment épris d’unedes fdles d’honneur de celle-ci, la jeune Louise-Françoisede la Baume le Blanc de la Vallière, « belle et tendre per-» sonne, dont l’amabilité et les grâces étaient relevées par» l’éclat de sa blancheur, par l’incarnat de son teint, par» le bleu de ses yeux remplis de douceur, et par la beauté de» ses cheveux blonds argentés qui encadraient son visage. »Fouquet eut le malheur de porter ses regards sur cette belleet de lui offrir deux cent mille livres pour prix de sa virginité ;il eut le tort plus grand de lui dire, dans un moment de dé-pit, que mesdemoiselles de Pons et de la Motte Iloudancourts’étaient montrées moins difficiles et lui avaient cédé à demeilleures conditions avant d’être au roi. La chose fut rap-portée à sa majesté et lui inspira une haine d’autant plus vio-lente contre le surintendant, que sa vanité se trouvait enjeu; néanmoins le monarque dissimula et attendit l’occasionde se venger.
Les courtisans, qui pressentaient l’orage à l’air et au vi-sage du maître, ne se gênèrent plus pour parler des dilapi-dations qui étaient reprochées à Fouquet ; ils en vinrentmême à l’accuser d’avoir dépensé vingt millions en construc-tions et en embellissements pour un palais qu’il faisait élever