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[XVII.S.] CRIMES DES ROIS, des REINES et des EMPEREURS. 171

dans sa terre de Vaux, et qui devait surpasser en magnifi-cence les résidences royales de Saint-Germain et de Fontaine-bleau . Quelques-uns allèrent encore plus loin, et affirmèrentau roi qu’il faisait fortifier Belle-Isle, une de ses propriétés,qu’il songeait à s’emparer de la Bretagne et à s’en taire re-connaître souverain.

Au milieu de ces circonstances, Fouquet commit l’impru-dence de donner une fête qui dépassait tout ce qui s’était vujusqu’alors, et dont le but secret était d’éblouir mademoi-selle de la Vallière . Le roi devina les intentions du surin-tendant , et sa perte fut résolue. Dès le lendemain il assem-bla son conseil secret et agita la question de mise en jugementde son rival comme criminel de lèse-majesté. Quelques-unsde ses affidés lui firent observer que pour mieux assurer savengeance, il devait attendre que Fouquet se fût défait de sacharge de procureur général, qui le rendait justiciable deschambres assemblées.

Le monarque, qui avait hâte d’en finir avec son ministre,lui dépêcha un de ses courtisans, qui l’engagea à vendre sacharge, sous prétexte que sa majesté désirait la donner à l’un(le ses protégés, et en lui faisant entendre que pour l’in-demniser, le roi, indépendamment du prix, lui donnerait lecordon de ses ordres. Fouquet se laissa prendre au piège.Quelques jours après, Louis XIV parlait, pour Nantes , afinde s’assurer de Belle-Isle, accompagné du surintendant, quiétait sans défiance. Le lendemain de son arrivée, en sortantdu conseil, celui-ci fut arrêté par d’Artagnan, capitaine desmousquetaires, et conduit au château d’Angers , d’où il fut-transféré à Amboise, à Vincennes , à Moret et enfin à la