[XVII. S.] CRIMES DES 110IS, des REINES et des EMPEREURS. 173
» souffrances des autres, dit madame de Molleville; il forçait*) la reine comme ses maîtresses à l’accompagner dans ses» voyages, même pendant leurs grossesses; ce qui mit plu-» sieurs fois les jours des unes et des autres en danger, et les» fit accoucher d’enfants morts. Le roi poussait l’égoïsme si» loin, qu’il n’eût retarde ni une fête ni un divertissement» pour une heure, pour une minute , lors même que la vie» de sa mère y eût été intéressée. »
Anne d’Autriche voyait avec délices se développer l’affreuxcaractère de son fils, et s’applaudissait d’avoir donné à laFrance un roi bâtard qui semblait la faire revivre, et qui an-nonçait devoir perpétuer les malheurs de la nation. Enfin, leterme marqué pour celte femme criminelle arriva ; un cancerlion'ible, fruit de maladies honteuses, lui dévora le sein etla fit assister vivante à la dissolution de tout son être. Ellemourut, et Louis XIV ne versa pas une larme. Il ordonnafroidement les apprêts des funérailles; et sous prétexted’échapper aux ennuis d’une cérémonie aussi triste, il setint renfermé dans ses appartements avec Françoise-Athé-naïs de Rochechouartde Mortemart, femme de Henri-Louisde Pardaillan de Gondrin, marquis de Montespan , qui étaitla nouvelle favorite en titre.
A la plus surprenante beauté, madame de Montespanunissait l’esprit le plus vif, le plus fin, le mieux cultivé;elle avait obtenu par le crédit de Monsieur, dont elle étaitla maîtresse, une place de dame du palais de la reine, ce,quine l’empêchait pas de venir souvent chez madame Henrietted’Orléans, pour avoir occasion de se lier intimement avec ma-demoiselle de laYallière et d’y voir fréquemment Louis XIV .