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HISTOIRE DES PAPES.
[XVII. S.]
Sa majesté prenait un grand plaisir à sa conversation pi-quante, naturelle, enjouée, et aimait à entendre la bellemarquise, mordante sans méchanceté, agréable conteuse,contrefaire le jargon prétentieux ou ridicule des courtisansqui prêtaient le plus à la critique. Peu à peu , ce qui n’avait•été qu’un badinage devint chose sérieuse ; le monarque, éper-dument amoureux de madame de Montespan, en fit sa maî-tresse, et la douce la Vallière fut sacrifiée à cette femmeambitieuse. Elle eut son appartement près de celui du roi;et les courtisans n’eurent pas de peine à expliquer pourquels motifs l’un et l’autre se dérobaient le soir, presque aumême instant, au cercle de la reine.
Le marquis de Montespan voulut contraindre sa femme àquitter la cour et fit du bruit ; Louis XIV intervint dans laquerelle, envoya le mari à la Bastille, l’exila ensuite dans sesterres, et garda la marquise. Dès lors, il ne prit pas mêmela peine de couvrir le scandale de ce double adultère; il in-stalla sa nouvelle maîtresse au Louvre; et à l’exemple deHenri IV , il entretint trois ménages dans son palais, celui dela reine Marie-Thérèse , celui de mademoiselle de la Vallièreet celui de madame de Montespan. Aussi la famille du grandroi prit-elle un notable accroissement; la Montespan eutneuf enfants qui furent, comme ceux de la Vallière, pourvusd’apanages, dotés de millions, de châteaux, de litres, dedignités, et légitimés par un honteux arrêt du parlement, afinque dans le cas où les enfants de Marie-Thérèse viendraient àmourir, ils pussent succéder à la couronne de France . LaMontespan ne se borna pas, comme la douce la Vallière, à ré-gner sur le cœur du roi, elle voulut avoir la haute main dans