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[XVII.S.] CRIMES DES ROIS, des REINES et des EMPEREURS. 179

Celui-ci, frappé de sa beauté, lui dit : « Votre minois m’inté-» resse, mon enfant, je veux faire quelque chose pour vous.» Voyons: désirez-vous entrer au couvent? je payerai votre» dot. Préférez-vous entrer en ménage? je serai votre mari. »Françoise d’Aubigné n’hésita pas, elle tendit la main au cul-de-jatte Scarron. Le soir même elle était sa maîtresse, lelendemain sa femme.

Scarron n’avait pour toute fortune qu’une modique pension,sa gaieté et ses vices; mais il recevait tous les débauchés de lacour et de la ville ; et la jeune fille, en consentant à l’épou-ser, avait bien songé qu’elle saurait mettre ses relations àprofit. Déjà elle n’était plus novice; et depuis sa sortie ducouvent, plus d’un muguet l’avait initiée aux belles manièresqui distinguaient les précieuses d’alors, entre autres le beauchevalier de Méré, qui plus tard se vanta de lui « avoir« appris le monde. » Aussi fit-elle les délices des débauchés* qui hantaient sa maison. Après quelques années de mariagela santé du poète s’altéra ; Scarron se sentant à ses der-niers moments, réunit ses amis autour de son lit et leurfit à tous de burlesques adieux, sans oublier sa femme, àlaquelle il dit en plaisantant: « Je vous laisse sans biens,» ma mie, ce qui ne vous fera pas trouver facilement un nou-» veau mari ; mais que vous restiez veuve ou que vous preniez» un second époux, souvenez-vous que la vertu est une triste» chose en ce monde, et le mieux que vous puissiez faire est» de n’en user guère ! »

Madame Scarron , à la mort du pauvre cul-de-jatte, avaitvingt-cinq ans et se trouvait dans tout l’éclat de sa beauté.Le surintendant Fouquet , qui depuis longtemps était amou-