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IX.
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[XVII. S.] CRIMES DES ROIS, des REINES et des EMPEREURS. 183

Maintenon n’était pour Louis XIV qu’une amie plutôt qu’unemaîtresse; une amie complaisante, il est vrai, qui applaudis-sait à ses débauches, favorisait ses intrigues avec madamede Ludre, mademoiselle de Fontanges, madame la duchessed’Orléans, et n’employait pour le ramener à elle que le res-sort d’une dévotion mêlée de galanterie.

Elle avait également su s’insinuer dans les bonnes grâcesde la reine, qui publiait qu’elle n’avait jamais été si bien trai-tée par son mari que depuis l’apparition à la cour de cetteamie du roi. En effet, aucune femme du royaume n’était plusà plaindre que Marie-Thérèse : mariée à un despote dontl’égoïsme allait jusqu’à la cruauté, elle était réduite à nepas oser faire entendre une plainte, de peur d’attirer surelle la colère et la vengeance d’un maître inexorable ; sanscesse entourée d’espions, elle ne pouvait faire aucune dé-marche ni même écrire une lettre, que la démarche nefût dénoncée et la lettre portée au roi. Aucun homme n’étaitadmis dans sa familiarité, et elle se trouvait forcée de ren-fermer en elle les ardeurs insensées de son imagination, etde dompter la fougue d’un sang espagnol , tandis qu’autourd’elle les dames et les seigneurs de la cour tourbillonnaientdans une atmosphère de voluptés.

Pendant toute sa vie on ne lui connut qu’une intrigue, quipour beaucoup est encore demeurée un mystère. Un seuldomestique mâle avait le privilège d’entrer chez la reineavant son petit lever ; c’était un jeune nègre, d’une taille fortexiguë et du reste très-bien prise, qui lui avait été donnéparle roi. Les conséquences de cette familiarité furent queMarie-Thérèse mit au monde une mauresse qui fut aussitôt