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HISTOIRE DES PAPES.
[XVII. S.]
succès de son ambassade. Son arrivée fut un véritable triom-phe ; un instant même on put supposer quelle avait de nou-veau captivé le monarque, car sa majesté l’accablait de pré-sents et paraissait singulièrement rechercher sa société. Lescandale des amours du roi et de sa belle-sœur fut mêmepoussé si loin, que le duc d’Orléans résolut d’en finir avec sondéshonneur; et le 29 juin 1670, Henriette-Anne d’Angleterremourut empoisonnée.
Louis XIY ne s’occupa nullement de rechercher l’auteurdu crime; il donna tous ses soins aux négociations entaméesavec la Suède ; et quand il eut fait rompre les traités quiunissaient ce royaume à la Hollande, il déclara la guerre àcette république florissante. Jamais attaque plus lâche, ja-mais proscription plus dénuée de prétextes n’avait été dé-crétée par un roi. Les Hollandais s’empressèrent d’envoyerà la France des ambassadeurs pour offrir toute espèce desatisfaction des prétendus torts qui étaient allégués contreeux. Rien ne fut écouté ; sa majesté avait résolu la destruc-tion de la république, et sans plus tarder elle renforça laflotte anglaise de trente vaisseaux de guerre, et réunit unearmée de cent vingt mille hommes sous les ordres de Condé,de Turenne, de Vauban et de Luxembourg , pour attaquerla Hollande simultanément par terre et par mer.
Louis et son allié le roi de la Grande-Bretagne comp-taient tellement que les Hollandais ne pourraient résister àleurs forces réunies, qu’ils s'étaient partagé à l’avance leursdépouilles; et dans son stupide orgueil, le monarque fran-çais avait mené à sa suite un historiographe qui devait trans-mettre à la postérité le détail des sacs des villes, des com-