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HISTOIRE DES PAPES.
[XVII. S.J
L’électeur palatin, qui s’était renfermé dans son palais deManheim , fut tellement exaspéré par la conduite de Turenne,qu’il lui envoya un cartel et l’appela en combat singulier. Cechef d’égorgeurs refusa le duel, trouvant qu’il était plus glo-rieux de faire massacrer une population inoffensive par seshordes de soldats, que de présenter sa poitrine à lepée d’unhomme de cœur. Turenne revint à la cour, où il fut reçuavec de grandes manifestations de joie, et proclamé le libé-rateur du royaume; mais son triomphe fut de courte durée;à son retour à l’armée d’Allemagne , un boulet de canonvint le frapper en pleine poitrine.
Pendant que Turenne dévastait le Palatinat , Condé etVauban envahissaient la Flandre et la Franche-Comté , etsoutenaient contre la maison d’Autriche une lutte acharnée,où la France , depuis six ans, avait perdu près d’un milliond’hommes. Enfin la guerre cessa par l’épuisement des partiesbelligérantes.
La diminution de la population, soit par le fait des guerres,soit à cause du développement prodigieux des communautésreligieuses, était devenue si grande, qu’on fut obligé deprendre des mesures pour encourager la propagation ; onexempta de toutes contributions les chefs de famille rotu-riers, pères de dix enfants, et les jeunes gens qui se ma-riaient avant l’âge de vingt ans ; on accorda des pensions demille francs aux gentilshommes qui avaient dix enfants, eton les éleva à deux mille pour ceux qui en avaient douze.Ces primes d’encouragement, accordées à la fécondité desfemmes de gentilshommes, produisirent de tels abus qu’onfut obligé de les supprimer. Heureusement la paix de Nimè -