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IX.
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HISTOIRE DES PAPES.

[XVII. S ]

tières; mais de tous ces attentats, le grand roi dut en reven-diquer la meilleure part. Par ses ordres, le marquis deBoufflers pénétra dans les états de l’empire, et vint occupertoutes les places du haut Rhin depuis Bâle jusqu’à Mayence ;il s’empara de Kaiserslautern , de Kreutznach et d’Oppen-heim, pendant que le lieutenant général Huxelles, avec unautre corps d’armée;, prenait possession de Neustadt, d’Hei-delberg et de Mayence .

Sa majesté avait réservé au dauphin, le duc de Bourgogne ,la meilleure besogne, celle où il y avait moins de danger à cou-rir et plus d’atrocités à commettre, l’attaque du Palatinat . Leprince, accompagné du maréchal de Duras et de Vauban , vintfaire le siège dePhilipsbourg et la força à capituler; ensuite ilprit Manheim, bombarda Coblentz, se rendit maître de Trêves ,de Spire, de Worms et de la presque totalité des villes dubas Rhin . Cela fait, il songea à mettre à exécution les terriblesordres de son père à l’égard du Palatinat ; il commença parle sac de Manheim et d’Heidelberg , qui s'étaient rendues àdiscrétion; de là ses hordes de soldats se répandirent danstoutes les directions la torche à la main, brûlèrent plus decent villes, bourgs, villages ou châteaux, se livrèrent au pil-lage, égorgèrent, violèrent les jeunes fdles et les enfants;puis, quand ils furent rassasiés de luxure, quand ils furentfatigués de massacres, ils chassèrent devant eux toute la po-pulation ,' hommes et femmes, vieillards et enfants, commeils eussent fait de troupeaux de bétail.

Rien ne put toucher le cœur du dauphin, ni le spectaclede ces vastes campagnes ruinées et saccagées, ni la vue desvilles réduites en cendres, ni les gémissements des malheu-