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HISTOIRE DES PAPES.
[XVII. S.)
vices des courtisans et des crimes du monarque ! En effet,dans celte somptueuse cour de Versailles il n’existait niune femme vertueuse ni un homme de bien ; et de tous lesmembres de cette noblesse qui encombraient les anti-chambres de Louis XIV , il n’en était pas un seul qui ne selivrât aux plus crapuleuses débauches et aux débordementsles plus honteux; les hommes volaient au jeu ou fripon-naient les marchands; les femmes nobles se prostituaient ouvendaient leurs filles; tous, à l’exemple du roi et de ses fa-vorites, se mêlaient de poisons, et avaient mis à la mode lespoudres delà Voisin.
Le fds de Louvois, devenu ministre, prit sans pudeur ladirection des affaires de l’administration de la guerre, etconclut avec les puissances le traité de Ryswick , qui, mo-mentanément, mit un terme à la guerre; ensuite il s’occupade fêtes, de soupers, d’orgies, et fit de tels abus de voluptés,qu’il fut pris d’un priapisme continuel qui le conduisit autombeau à l’âge de trente-trois ans. Louis XIV lui donnapour successeur Chamillart , qui était déjà contrôleur géné-ral des finances, charge dont sa majesté l’avait investi pourle récompenser de la satisfaction que lui faisait éprouver sonadresse au billard. Du reste, c’était un homme d’une inca-pacité notoire, et le plus mauvais choix que pût faire le roidans un moment où la guerre était à la veille d’éclater ausujet de la succession du trône d’Espagne .
Pendant la négociation des traités de Ryswick, les puis-sances ne s’étaient point fait scrupule de se partager par an-ticipation les états de Charles II , le dernier des descendantsétiolés de Charles-Quint , quoique ce roi fût vivant et même