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IX.
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HISTOIRE DES PAPES.

[XVII. S.]

terminèrent par la conclusion du traité qui a pris le nom decette ville. L’Autriche consentit à n’entrer en possession desPays-Bas qu’après avoir déterminé les frontières de la Hol-lande; elle souscrivit à la réintégration des électeurs de Ba-vière et de Cologne dans la confédération germanique ; recon-nut l’indépendance de l’électeur de Hanovre , et en échangereçut la souveraineté de Naples, de la Sardaigne, de Milan et de quelques autres villes importantes d’Italie .

Telle fut la fin de ces terribles guerres de la successiond’Espagne , qui n’avaient pas duré moins de treize ans.Toutes les puissances y avaient acquis une augmentationde territoire et des traités avantageux pour leur commerce,à l’exception de l’Espagne , qui se vit dépouillée de ses plusbelles provinces, et de la France , qui se trouva réduite àabandonner les conquêtes qui lui avaient coûté tant de mil-lions et de soldats, et même à combler ses ports. Maisqu’importait à Louis XIV que la nation eût perdu dans cesentreprises désastreuses ses villes, ses provinces, ses arméeset ses trésors, que le fer et la famine eussent anéanti le tiersde la population! son petit-fils n’était-il pas roi desEspagnes?Tout était donc pour le mieux !

Pouvait-il penser autrement le monstre qui avait ordonnéla révocation de l’édit de Nantes ; qui, à l’imitation des pluscruels tyrans de sa race, avait offert en holocauste aux jé-suites tous les protestants de la France ; qui avait organiséd’affreuses cohortes de dragons, de prêtres, de moines, d’é-vêques et de noirs disciples d’Ignace de Loyola , et qui lesavait déchaînés dans toutes les provinces et dans toutes lesvilles qui renfermaient des calvinistes !