Band 
IX.
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[XVII.S.] CRIMES DES ROIS, des REINES et des EMPEREURS. 221

«

Qui pourra jamais dire les atrocités qui furent commisespar les séides du fanatique despote? Qui pourra compter lenombre de villes saccagées, de villages incendiés, de fermesravagées, d’habitants mutilés, torturés, noyés ou brûlés?Qui pourra retracer les exploits exécrables des soldats et desprêtres, faisant assaut de barbarie, se disputant le prix de laplus horrible luxure? Qui donc, mon Dieu , osera trans-mettre à la postérité les détails des viols exercés sur lesjeunes filles, des profanations consommées sur des adoles-cents, sur des cadavres mêmes? Qui osera dire toutes lesabominations de ces luttes impies et sacrilèges, qui furentappelées « les Dragonnades des Cévennes ? »

De toutes parts les malheureux protestants étaient traquéscomme des bêtes fauvesréunis pêle-mêle, hommes,femmes, enfants, vieillards, dans des champs, gardés parles soldats impitoyables du grand roi. Les jésuites allaient aumilieu d’eux, les exhortaient à se convertir, et leur donnaientà choisir entre la messe et la mort : puis ils les séparaienten deux groupes; d’un côté ceux qui consentaient à abjurerleur prétendue hérésie, de l’autre ceux qui persévéraientdans leurs croyances religieuses. Alors les dragons se pré-cipitaient sur les infortunés qui étaient condamnés à mort,les hachaient à coups de sabre, les foulaient aux pieds deleurs chevaux, et ne s’arrêtaient qu’après les avoir tous mas-sacrés jusqu’au dernier; ensuite ils mettaient pied à terre,et recommençaient une nouvelle lutte avec ceux qui avaientobtenu grâce de la vie : les femmes, les jeunes filles, lesjeunes garçons, de tout petits enfants même étaient polluéspar d’horribles stupres, aux applaudissements frénétiques