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HISTOIRE DES PAPES.
[ 1711 .]
rendre par Louis XIV un édit qui défendait aux religieusesd’admettre aucune fille à faire profession, et cela pour que lacommunauté s’éteignît insensiblement; mais le Père Tellierne crut pas le remède suffisant, il voulut en finir d’un seulcoup, afin que si quelques-unes de ces pauvres filles survi-vaient au grand roi, il ne leur prît pas fantaisie de demanderà son successeur l’autorisation de recevoir des novices.
Il ne lui manquait qu’un prétexte pour en venir à ses fins,il l’eut bientôt trouvé ; le vénérable jésuite fit revivre la bulle« Vineam Domini, » qui avait proscrit le silence respectueux ;et sous prétexte que les religieuses de Port-Royal des Champsétaient coupables de se taire, il leur fit enjoindre au nom duroi, par le cardinal de Noailles, de signer la bulle sans res-triction. Les saintes filles refusèrent d’adhérer à ce qu’onleur demandait, et en appelèrent au pape. Sa Sainteté décidaqu’il n’était point nécessaire de contraindre les nonnes àsouscrire sa bulle sans restriction, qu’il suffisait qu’elles l’ap-prouvassent sous bénéfice delà paix de Clément IX . Ce ré-sultat n’était pas celui qu’avait voulu atteindre le Père Tellier,et la réponse du pontife lui paraissait un nœud gordien plusfacile à couper qu’à dénouer ; il résolut alors de changer sesbatteries pour arriver à la suppression du monastère. Leconfesseur de Louis XIV profita de ce que les religieuses dePort-Royal étaient divisées en deux maisons; celle de Paris ,qui s’était placée sous la direction de la compagnie de Jésus ,et celle des Champs, pour représenter à son royal pénitentque la seconde de ces communautés avait été maintenue partolérance; qu’il était convenable aux intérêts de la religionde réunir toutes les religieuses de cette abbaye, afin de re-