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mettre les choses sur l’ancien pied, et qu’il lui proposait deconserver le couvent de Paris , qui était très-important, de pré-férence à celui des Champs, qui avait à peine de quoi sub-sister, et qui renfermait uniquement de vieilles obstinéesauxquelles il était impossible de faire entendre raison sur lesquestions de dogmatique.
Sa majesté n’ayant rien à refuser au bon Père, fit rendreun arrêt du conseil, en vertu duquel Port-Royal des Champsfut investi la nuit par des détachements des gardes fran-çaises et suisses, sous les ordres du lieutenant de policed’Argenson; les portes de l’abbaye furent brisées par desescouades du guet; les religieuses furent arrachées en che-mise de leurs cellules, et traînées au chapitre pour entendrela lecture de la lettre de cachet qui supprimait la commu-nauté et les condamnait à la réclusion dans d’autres monas-tères. En conséquence de cet ordre, les pauvres nonnes furentimmédiatement portées dans des carrosses et conduites sépa-rément dans différents couvents situés les uns à vingt, lesautres à trente et jusqu’à cinquante lieues de Paris . Pourcomble d’ignominie, chaque voiture eut pour escorte des ar-chers à cheval, comme il était dans l’usage de le pratiqueraux enlèvements des femmes publiques. Quand la maison futvidée, d’Argenson la fit fouiller par ses limiers de police de-puis les combles jusqu’aux caves, se saisit de tous les papierset vint les apporter au jésuite Tellier, en lui rendant comptede son expédition. Le bon Père, encouragé par le succèsqu’il avait remporté, voulut rendre sa victoire complète enanéantissant jusqu’aux bâtiments de cette illustre commu-nauté. 11 sollicita et obtint du grand roi un ordre qui enjoignit