[1716.]
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n’eût reçu l'approbation nécessaire à sa promulgation; enoutre, il avait déclaré abusilTinterdit pontifical, et avait rejetéla bulle fulminée par le pape pour annuler l’ancienne consti-tution d’Urbain 11, qui depuis la fin du onzième siècle recon-naissait les rois et les reines de Sicile légats nés du saint-siège,et les autorisait à régler eux-mêmes toutes les affaires ecclé-siastiques, spirituelles et temporelles, avec l’aide d’un tribunalspécial nommé tribunal de la monarchie. Le procureur royalne manqua pas de protester contre cet arrêt, et de faire appeldu pontife mal informé à son successeur mieux informé.
L’affaire en était là, lorsque le duc de Savoie , fatigué deses luttes avec la cour de Rome, songea à troquer avec l’Au-triche son île de Sicile contre d’autres possessions.
Le roi d’Espagne , que ces dispositions contrariaient infi-niment, intervint dans la question avec son ministre Albe-roni, qui jouait alors le premier rôle dans la monarchie es-pagnole. Cet homme extraordinaire, qui avait tant de pointsde ressemblance avec le cardinal de Richelieu, était simple-ment le fils d’un jardinier de Fiorenzuola, village du Parme-san . Son premier emploi avait été celui de clerc-sonneur à lacathédrale de Plaisance; sa jolie figure et sa gaieté l’ayantfait remarquer du comte de Roncioveri, évêque de Saint-Donnin, il était passé au service du prélat, qui en avait faitson Ganymède, et lui avait ensuite donné le titre de chanoineet de chapelain. Les mêmes complaisances lui avaient valuplus tard les faveurs du duc de Parme; et comme le princetrouvait de l’esprit à son mignon, il ne dédaignait pas quel-quefois de l’entretenir des affaires importantes de son duché ;ce qui fut la cause de la fortune d’Alberoni.
IX.
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