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IX.
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HISTOIRE DES PAPES.

[1716.J

Un jour, le prince ayant à traiter avec le duc de Vendôme,qui commandait les armées d’Italie , et ne sachant à qui con-fier sa mission, offrit au jeune abbé de s’en charger; celui-ciaccepta la proposition, se rendit au camp des Français ,comme mandataire du duc de Parme, et demanda à êtreadmis à l’audience du général. Le duc de Vendôme le reçutétant Sur sa chaise percée, habitude dont il ne dérogeaitni pour les ambassadeurs, ni pour les généraux, ni mêmepour les gens d’église. Au lieu de s’en formaliser, Alberoniremercia le général de la noble familiarité dont il usait enverslui, expliqua le sujet de sa négociation, entremêla son récitde bouffonneries cyniques qui réjouirent le duc, et se mit toutà fait à son aise. Le beau mignon et le duc de Vendôme s’é-taient compris. Quand ce dernier eut fait retirer sa chaisepercée, sous prétexte de prendre ses vêtements, il se tournadans une position fort indécente. « A cette vue, dit Saint-» Simon, le jeune Alberoni quitta sa place, et vint s’age-» nouiller derrière monsieur de Vendôme , en s’écriant : O» culo d’angelo !.» La cause du duc de Parme était ga-

gnée ; le prince fut seulement obligé de céder son mignon,qui passa au service du général français , dont il devint lecuisinier, le secrétaire et le favori. Dès lors, il ne quitta plusson protecteur, et l’accompagna en Espagne lorsqu’il vintprendre le commandement de l’armée envoyée par le grandroi au secours de Philippe V . A la mort du duc de Ven-dôme, empoisonné à Vignarez, dans le royaume de Va-lence, Alberoni retourna à Paris , d’où le duc de Parme lefit bientôt partir avec une mission secrète pour la cour deMadrid .