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HISTOIRE DES PAPES.
[ 1735 .]
Néanmoins cette nomination sacrilège et cet acte de lâchecondescendance pour le roi d’Espagne n’eurent pas les con-séquences que la cour de Rome en attendait. Sa majesté ca-tholique se crut libérée envers le saint-père par les millionsqu’elle avait donnés à sa famille, et ne se fit aucun scrupulede mettre à exécution, malgré sa défense, le projet d’inva-sion qu’elle méditait depuis longtemps pour mettre sur latête de son second fils les couronnes de Naples et de Sicile .
Une guerre venait d’éclater entre les diverses puissancesde l’Europe pour la succession au trône de Pologne , devenuvacant par la mort de Frédéric-Auguste . Le beau-père deLouis XY, le vieux Stanislas Leczinski, réclamait le trôned’où il avait été chassé, comme un bien lui appartenant, etse faisait soutenir dans ses prétentions par la France , quitout naturellement entraînait dans son parti la Savoie et l’Es-pagne . L’électeur de Saxe, qui s’était fait proclamer roi dePologne par les états, cherchait de son côté à se main-tenir, et se faisait appuyer par la Russie et par l’Autriche .Quant à la Hollande et à l’Angleterre, ces deux puissancesrestaient tranquilles spectatrices de la lutte.
Après deux années de guerre, Charles VI fut contraint designer le traité de Vienne, et de céder à l’infant don Carlos,second fils de Philippe V, le royaume de Naples, la Sicile ,l’île d’Elbe et les états degli Presidi en échange des duchésde Parme et de Plaisance, que la cour de Rome réclamaitcomme dépendances du saint-siège. Clément Xll eut beau pro-tester contre les traités de Vienne , les puissances passèrentoutre, prirent possession des territoires contestés et firentles échanges.
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