[1743.J
gré la vive opposition des Vénitiens, et l’autorisa, suivant ledésir qu’elle en manifestait, à tolérer le culte protestantdans ses étals. « C’est un grand bien, écrivait-il à ce sujet,» de chercher à ramener les luthériens à la religion calho-» lique, non point en employant le glaive, ainsi que le prati-» quaienl quelques-uns de nos prédécesseurs, mais par la» persuasion et par la douceur. »
Dans sa sollicitude pour les mesures conciliatrices, Benoîtrecherchait l’amitic des princes italiens, et l'achetait mêmepar des concessions importantes, contre l’opinion des mem-bres du sacré collège. C’est ainsi qu’il consentit à la ratifica-tion du concordat conclu sous le pontificat de Benoît XIII -avec Victor-Emmanuel, roi de Sardaigne, que Clément XII avait annulé comme contraire aux immunités.ecclésiastiques,et qui concédait au gouvernement de ce prince le droit de nepoint être gêné dans ses opérations fiscales par une puissanceecclésiastique étrangère, de soumettre les prêtres à la juridic-tion séculière, de nommer à tous les évêchés vacants, et dedéfendre la publication des décrets de la cour.de Rome, sansune autorisation préalable du souverain. Sa Sainteté accordaégalement à don Carlos, le nouveau roi des Deux-Siciles ,plusieurs privilèges qu’il demandait, entre autres l’abroga-tion de l’observance d'un grand nombre de fêtes qui gênaientle commerce ; plus tard cette abrogation fut étendue à tousles états catholiques. Par reconnaissance, don Carlos, le filsde Philippe V d’Espagne , le chef de cette race des Bourbonsde Naples, qui aujourd’hui règne encore pour le malheurdes peuples, vint en personne rendre hommage de ses étatsà Benoît XIV , et baiser ses sandales