[1752.]
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ne l’enterrerait pas en terre sainte. Cette scène odieusehâta la lin du malade. Dès le lendemain,le parlement, instruitde cet acte de cruauté, informa contre le frère Bouettin et ledécréta de prise de corps. Le curé protesta contre la violencedont on usait envers lui, prétendit que l’inviolabilité de l’autelétait attaquée dans sa personne, et allégua pour se disculperles ordres de ses supérieurs. L’archevêque de Paris inter-^vint; les magistrats n’en persistèrènt pas moins à condamnerle curé de Saint-Étienne ; mais comme la marquise de Pom-padour était alors sous une impression de crainte du clergé,le conseil d’état cassa l’arrêt, et sembla légitimer les persé-cutions ordonnées par Christophe de Beaumont
Dans l’enivrement du succès de leur politique, les jésuitesse déterminèrent à poursuivre avec une nouvelle vigueur lalutte commencée. Le duc Louis d’Orléans , le fils du régent,se mourait dans le monastère janséniste de Sainte-Geneviève,où il s’était fait transporter; frère Bouettin, qui avait étémembre de cette communauté, mit une sorte d’orgueil àvenir disputer l’âme d’un prince du sang à ses anciens con-frères; il se fit introduire auprès du malade et lui parlacomme il avait fait au recteur de l’Université; le dévot Louisendura ses sermons avec patience, se fit administrer par sonaumônier, et expira en défendant qu’on poursuivît le curéde Saint-Étienne du Mont.
Ce nouvel acte d’audace étant demeuré impuni, Bouettincontinua à excommunier les moribonds, au grand scandaledes fidèles ; enfin , la sacrilège violence qu’il exerça enversl’ancien aumônier de la galante abbesse de Chelles força leparlement à intervenir. Toutes les chambres s’assemblèrentix. 46