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IX.
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[ 1784 .]

HISTOIRE DE BENOIT XIV .

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que les jésuites ; et la société ne se trouvant plus appuyée parla cour, s’empressa d’envoyer'des députés à Benoît XIV pourréclamer officiellement son intervention dans la querellecontre les magistrats français. Le souverain pontife était trophabile politique pour laisser soupçonner sa participation àce qui se passait en France ; il affecta de recevoir les manda-taires de la société de Jésus en audience publique, devant lesambassadeurs des cours étrangères, et répondit à leur ha-rangue par un discours extrêmement adroit; il leur dit queles événements dont ils l’entretenaient lui paraissaient inexpli-cables, que les prêtres et les magistrats lui semblaient aussicoupables les uns que les autres, qu’il s’étonnait qu’un roine sût pas être le maître de ses sujets, et qu’il admirait la so-lidité d’un gouvernement qui résistait à de pareilles se-cousses. Toutefois*, sous le calme apparent du saint-père,il était facile de deviner le dépit que lui causait l’échec éprouvépar l’Église de France dans sa lutte contre le parlement.

Venise donnait également de graves sujets de douleur aupape par ses tentatives de rébellion envers le saint-siège.L’Angleterre, qui d’abordavait affecté une vénération extrêmepour Benoît XIV , comfnençait à lui montrer moins d’égards,et persécutait les catholiques écossais. Dans toutes les pro-vinces de ce royaume, les prédicants tonnaient en chairecontre les prêtres ultramontains, contre les jésuites, et parsuite contre le pape, qui était fortement soupçonné d’avoiraidé le prétendant Charles-Édouard, fils du chevalier deSaint-George et petit-fils de' Jacques II , dans son aventu-reuse expédition sur les côtes de la Grande-Bretagne.

Benoît XIV , qui avait soin dans les affaires difficiles de