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IX.
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HISTOIRE DES PAPES.

[ 1758 .]

nombre de ses pénitentes la marquise de l avera, femme hau-taine, ambitieuse, qui ne souffrait qu’avec rage la disgrâcequi avait frappé son mari, l’ancien vice-roi des Indes .

Le Père Malagrida entrevit le parti qu’il pouvait tirer del’exaspération de cette femme : il flatta sa haine, mit enjeu la religion, la vanité, l’encouragea dans ses pensées devengeance, et la rassura sur les conséquences d’un crimequi fermentait dans sa tête. Avec l’aide de Jean Mathos etd’Alexandre Souza, ses deux confrères, il lui prouva qu’unchrétien ne pouvait rien faire de plus agréable à la Divinitéque de tuer un roi, et qu’il n’existait pas de péchés ou de for-faits qui ne pussent être rachetés par un régicide. La mar-quise de Tavora se laissa convaincre, adhéra au projet deconspiration et chercha des complices; elle fit entrer dansle complot Joseph Mascarenhas, duc d’Aveiro , ex-ministrede Jean V , tombé en disgrâce depuis l’avénement de Josephau trône de Portugal ; elle s’en ouvrit également à son mari,qui était directeur général de toute la cavalerie du royaume,et conseiller de guerre; à Louis-Bernard et à Joseph-Mariede Tavora, ses fils; à don Jérôme d’Ataïde, son gendre, of-ficier des gardes du palais, et â sa fille, qui était la maîtressedu monarque.

Différentes réunions des conjurés eurent lieu à Saint-Antoine et h Saint-Roch, deux maisons appartenant aux jé-suites, afin de s’entendre sur les moyens de mettre leur crimi-nel projet à exécution ; et quand toutes les dispositions eurentété prises, une nuit que Joseph se rendait seul de sa maisonroyale de Quinta do Mego à la résidence de Quinta da Cima,pour un rendez-vous d’amour, Mascarenhas, duc d’Aveiro ,